26.04.2012
On ferme
Chers amis,
les délires obsessionnels d'un certain visiteur m'obligent à m'installer ailleurs. Ici, le filtrage des commentaires est une option payante. Il est probable que la nouvelle formule pâtisse de la perte de spontanéité d'un affichage reporté, mais le cas relève de la psychiatrie. Les commentaires sont donc définitivement clos.
Je vous invite à me suivre ICI.
13:21 Écrit par nDsmF dans One shot | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.04.2012
Le mystère de Juigné-des-Moutiers
La commune de Juigné-des-Moutiers est située à l'extrême nord-est de la Loire Atlantique. L'histoire de cette commune est liée à celle de la chouannerie et on y compte deux anciens monastères. La population essentiellement rurale est âgée en majorité de plus de 60 ans. Malgré une vingtaine de petites entreprises aux alentours, il n'y a là-bas ni école publique, ni médecin, ni infirmière. Le climat y serait particulièrement clément. Je ne suis jamais allée à Juigné-des-Moutiers et, bien que native de ce beau département, je n'avais jamais entendu parler de ce patelin avant de regarder la carte des résultats électoraux d'hier.
Sur la carte, on aperçoit cette minuscule enclave dans le rose dominant, car il se trouve que 31,80% des 243 votants (sur 279 inscrits) de Juigné-des-Moutiers ont voté pour l'extrême droite. Comment expliquer cela ? Comment, en effet, dans une commune qui ne connaît certainement pas les problèmes de logement, de chômage, d'immigration, d'insécurité, de tels scores peuvent-ils apparaitre ? Quels sont les sentiments qui s'expriment au travers de ce vote?
Le mystère reste entier.
14:25 Écrit par nDsmF dans Observation, One shot | Commentaires (16) | Envoyer cette note
22.04.2012
Premier round
Dans Histoire et Utopie, Cioran écrit :« les masses ne s'ébranlent pas si elles n'ont à opter qu'entre des maux présents et des maux à venir; résignées à ceux qu'elles éprouvent, elles n'ont nul intérêt à se risquer vers d'autres, inconnus mais certains. Les misères prévisibles n'excitent pas les imaginations, et il est sans exemple qu'une révolution ait éclaté au nom d'un avenir sombre ou d'une prophétie amère. Qui aurait pu deviner, au siècle dernier, que la nouvelle société allait, par ses vices et ses iniquités, permettre à la vieille de se maintenir et même de se consolider, que le possible, devenu réalité, volerait au secours du révolu? ».
00:39 Écrit par nDsmF dans Des écrivains | Commentaires (5) | Envoyer cette note
20.04.2012
Quand les chaînes déchaînent
Au Grand Palais, pour la rétrospective des photographies d'Helmut Newton, il y avait hier quantité de femmes à talons vertigineux. Le remarquable de ce style de souliers n'est d'ailleurs pas dans la hauteur où ils propulsent la femme mais bien dans la cambrure - presque la torsion - du cou de pied qui dessine alors un profil d'une vibrante nervosité.
L'exposition présente environ 200 photographies, pour la plupart en noir et blanc et souvent en très grand format. Toutes ont été vues dans les grands magazines de mode et pourtant aucune ne présente véritablement le vêtement. C'est le corps de la femme qui est le centre de tout et le regard de l'homme désirant posé sur elle. Malgré l'utilisation de mises en scènes sophistiquées et d'un lourd matériel prothétique - silicone, corsets, minerves, chaines, gants - on ne voit que la chair, la peau, le sillage des duvets affleurant sur les ventres et les cuisses. Souvent deux photographies côte-à-côte montrent les mêmes femmes dans les mêmes postures, habillées sur l'une et nues sur l'autre. On pense à la rêverie fascinée d'un homme regardant passer des femmes et imaginant ce qui se cache sous les vêtements. Rien d'obscène ni d'inconvenant. Tout est admiration, comme une tentative de percer les mystères.
Et puis il y la galerie des portraits : Jean-Marie Lepen, Margareth Thatcher, Catherine Deneuve, Yves Saint Laurent, Isabelle Huppert, Andy Warhol, Charlotte Rampling fixés sur la pellicule en un instant que l'on dirait "de vérité". Au-delà de l'esthétique, on constate la perspicacité de Newton à percer le coeur de l'individu et à le montrer sous un jour qui éclaire. Comme dans ses photographies de mode, l'oeil observe sans jugement, sans filtre et s'oublie au profit du sujet.
Par ses mises en scènes et l'utilisation d'accessoires réservés aux pratiques sadomasochistes, on a dit d'Helmut Newton qu'il fut un photographe fétichiste. Comparé à Molinier, véritable artiste fétichiste, Newton révèle plutôt les forces et les petits faiblesses de ses modèles et la femme, libérée par l'usage qu'elle fait des entraves, y est magnifiée, dominante et éternelle.
13:18 Écrit par nDsmF dans De l'art | Commentaires (6) | Envoyer cette note
19.04.2012
La censure pour les chats faux
La censure dans son sens global est naturellement une manière de faire qui ne me convient pas, qui ne peut convenir à personne. D'un premier point de vue, la censure s'oppose à l'expression démocratique: si on suppose qu'en chacun se trouve naturellement une pensée qui mérite d'être énoncée, n'importe qui doit pouvoir avoir le droit de l'exprimer. Cependant, à l'expérience - il suffit de lire les commentaires que l'on trouve sur les sites populaires d'information -, il y a de quoi désespérer à jamais de la médiocrité, de la méchanceté, de l'indigence de la nature humaine.
Le blogue dont on est l'heureux propriétaire est une sorte de jardin: on s'y ébroue à loisir, on s'y prélasse, on l'organise et l'entretient ou on le laisse en jachère et, en ouvrant au public un accès aux commentaires, on y offre l’hospitalité. Dans ce jardin dont on fait ce que l’on est, on peut partager ses idées, ses goûts, ses découvertes, voire son intimité. Même anonymement, même légèrement, on s'expose, on se frotte à des opinions différentes, parfois divergentes, et c'est tout l'intérêt de la chose. Mais il arrive que, par la porte restée ouverte, s’introduisent des visiteurs dont on découvre avec le temps que leurs propos nous semblent incohérents, que leurs idées sont pauvres : ni proposition ni opposition, pas même d’humour, et les interventions tournent au soliloque. On comprend alors que le commentateur est là pour se lire lui-même et non pour participer, que les autres ne sont que des témoins - voire des complices malgré eux - insignifiants mais nécessaires à générer une répartie réconfortante. Ce type de commentateur, heureusement fort rare, observe sa propre existence sans s’apercevoir qu’il ne manifeste qu’un besoin de reconnaissance. Même anonyme ou pseudoïsé, on devine la personnalité, on perçoit les formes, on sent que dans la vraie vie, il n’y aurait pas plus d’affinités.
Dans la vie quotidienne, par instinct ou intuition, il y a des gens dont on ne s'approche pas et beaucoup d'autres que l'on est obligé de côtoyer. En créant un blogue, le rédacteur – qui au passage n’oblige personne à le lire – organise un espace vers lequel peuvent converger d'autres individus proches en pensée et, enfin, s'autorise à rejeter ces « fâcheux » que la vie nous impose. Les « refusés » parleront alors de « censure ». Ce que le rédacteur anonyme que je suis prétend ici c’est qu'implicitement il est le seul à juger de la qualité ou de la motivation des commentaires. Si, pour plaire ou ne pas choquer, on s’interdit la « censure » au prétexte que tout est bon à dire, on accepte aussi de supporter les conventions qui dans la vie quotidienne nous étouffent. J'ai fait le choix totalitaire de ne pas me laisser envahir par ce que je qualifie de toxique et tant pis pour moi si je passe à côté de « l'étranger » ou de « l'étrange ». Même si c'est une illusion, cela participe de l'idée du choix et d'une certaine forme de liberté et tant qu'on y est l'occasion de faire un jeu de mots bidon.
14:02 Écrit par nDsmF dans One shot | Commentaires (5) | Envoyer cette note
16.04.2012
Rêve de Terre
12:13 Écrit par nDsmF dans De la musique, Photo & Vidéo | Commentaires (4) | Envoyer cette note
10.04.2012
Envy
C’était une grande fête dans une grande maison posée sur un grand parc. Pour que les invités fassent connaissance on avait arrangé des groupes et organisé des jeux. J’étais la seule fille dans une équipe de garçons. On a joué à la pétanque, au tir à la corde, au mikado, aux fléchettes. A la fin on devait gagner un super cadeau, mais en réalité on avait surtout gagné de se connaître. Dans un groupe, il y a toujours un leader, une grande gueule souvent. Notre chef, chauve comme un oeuf, avait cette patience de nous siffler quand, à la première occasion, on essayait de se défiler. A la pétanque nous l’avons tous soutenu, et c’est à ce moment-là qu’elle est apparue, sa femme. Depuis une bonne dizaine de mètres on avait entendu un « chériiiiiiiiiiiii » l’annoncer. De loin déjà, elle m’avait repérée et dans un élan instinctif de protection, elle venait signifier à la cantonade que ce chauve, là, avec ses grosses dents plates et son sourire coquin, il était à elle. Elle avait ce genre de visage un peu ingrat, mais touchant, des chanteuses réalistes des années 30. Ses sourcils surtout, particulièrement courts et arrondis ressemblaient à des parenthèses écrites dans une casse minuscule par rapport à l'ensemble de son visage, accentuant encore le tombant de ses yeux qui paraissaient d’une grande tristesse. Elle regardait son homme comme s’il était son ancre et on pouvait comprendre que sans lui, elle aurait frisé le naufrage. A maintes reprises au cours de la soirée, ce jovial chauve m’avait parlé et, à chaque fois, comme si des alarmes se mettaient en branle dans un fracas, la fille avait rappliqué, suspendant notre conversation, pour se frotter contre lui comme un gros chat. J’observais ce couple avec étonnement, davantage éberluée par la capacité de ce garçon à se laisser phagocyter que par le ridicule de la situation. Les relations entre les individus sont toujours mystérieuses, mais ce qui fait la force du lien m’est apparue là comme une grande maladie. Les excès de l'une rendaient visibles les excès de l'autre, ils étaient deux névroses en goguette dont on pouvait imaginer le quotidien sans en ressentir aucune envie.
00:34 Écrit par nDsmF dans Observation, One shot | Commentaires (7) | Envoyer cette note
07.04.2012
L'angoisse de disparition
Louttre B., fils de Roger Bissière, fut un grand coloriste, un graveur et un peintre de la nature. Hier, il a rendu l'âme. Ce joli petit film qui date de 1976 le montre aux champs et à l'atelier.
08:56 Écrit par nDsmF dans De l'art, Photo & Vidéo | Commentaires (7) | Envoyer cette note
06.04.2012
Chabada
Dans un entretien paru dans Le Nouvel Observateur d'hier, Carla Bruni-Sarkozy déclare :« j'aimais la gauche de M. Rocard, pas la gauche caviar. Je lisais dans l'Obs un article sur la maison d'enchères achetée par Laurent Fabius avec une liste d'amis à couper le souffle, de grands financiers, le patron de HSBC, de Morgan Stanley ou de la banque Rothschild... Quelle dichotomie entre les leçons données et la réalité ».
En sirotant un Perrier tranche à Odéon,et alors que je pensais à l'AVC de Rocard, j'ai vu passer, comme au ralenti dans une réclame de croquettes pour chiens, Audrey et Arnaud. Ils allaient, main dans la main, alertes, leurs pieds ne touchaient pas le sol et, tandis que la brise du soir gonflait la soie pourpre de la robe d'Audrey, les pans de la veste d'Arnaud prenaient leur envol. Ils étaient beaux, scintillants et parfumés, heureux comme s'ils arrivaient du 7ème ciel.
Comme toute bonne épouse, elle défend son mâri, mais elle explique aussi comment elle n'a pas changé de bord puisque la Gauche d'où elle vient agit de la même manière que la Droite où elle est. Elle finit donc de nous convaincre, si c'était nécessaire, que Droite et Gauche c'est pareil et qu'il n'y a aucune raison de voter utile. Sa conclusion est problablement juste, Monmâri sera réélu. Audrey et Arnaud ont encore de belles soirées devant eux, ainsi que tous les gens du chobiz dont les revenus dépassent le million d'€ annuel et que Hollande voudrait taxer à 75%.
07:28 Écrit par nDsmF dans Observation, One shot | Commentaires (5) | Envoyer cette note
31.03.2012
Personne ne veut la révolution
A lire: L'opinion publique n'existe pas - Exposé fait à Noroit (Arras) en janvier 1972 et paru dans Les temps modernes, 318, janvier 1973, pp. 1292-1309. Repris in Questions de sociologie, Paris, Les Éditions de Minuit, 1984, pp. 222-235.
A lire aussi pour équilibrer les opinions péremptoires, l'excellent billet de Frédéric Schiffter que l'on trouve ici.
20:44 Écrit par nDsmF dans Des écrivains | Commentaires (1) | Envoyer cette note






