05.11.2009

Après réflexion

J'ai dit du mal des fonctionnaires dans un post précédent, mais elle m'avait vraiment énervée la dame. Maintenant, je m'interroge sur les motifs de cette descente en flèche générale de tout ces agents, dont il est connu à tort ou à raison, que la principale activité est de surveiller la pendule. Voir cette population détestée, tancée de toute part par le citoyen lambda (moi), les politiques (eux), les PME..., au bout d'un moment, c'est suspect. Comment, quand on veut justifier de l'inefficacité d'un système, quand en gros on veut s'en débarrasser, comment procéder autrement? Ce qui semble étonnant dans cette campagne de dégommage en règles, c'est la facilité avec laquelle on laisse le tout-venant s'exprimer, alors que le mouvement actuel est plutôt au verrouillage de la parole. Du coup, mon observation de cette idiote de postière, si elle avait vocation à faire rire, n'a fait qu'apporter de l'eau au moulin de nos décideurs. Vous voyez bien, tout le monde se plaint, ça marche pas la fonction publique hein?

Le problème c'est qu'il faudra bien les reclasser ces fonctionnaires, et compte tenu du fait qu'on va recruter chez les flics, il est à craindre que les nazes de la poste se retrouvent en bleu marine aux carrefours, une liasse de feuilles vertes à la main, prêts à dégainer le PV. Vous imaginez le bordel? La nana qui jusqu'ici déambulait mollement dans l'opeun spéïce de la poste, la voilà obligée de se boudiner dans un froc en 40 (parce que comme elle est au régime, un jour il sera à sa taille, ça la stimule), à rester postée sous la pluie, attendant non sans jubilation que la pétasse qui râlait en ne trouvant pas son colis apparaisse... J'ai peur.

 

25.10.2009

La barbe au Grand Palais

Au Grand Palais aujourd'hui, pour la suite de la FIAC, mieux valait avoir son billet. Une file d'attente comme un dimanche.

A l'intérieur, beaucoup à voir, à entendre aussi, comme "c'est très académique tout ça". D'accord, s'y trouvaient Warhol, Basquiat, Chaissac, Bissière, Soulages, St Phalle, Tinguély, Veilhan, Boltanski, Bourgeois, Manzoni... Des tas de gens célèbrissimes et cotés, vendus par des marchands tous équipés de MacBook, pro ou pas. A 98%, tous tapotaient sur un clavier Apple. Une sorte d'uniforme, de convention en somme.

Au-delà de ce constat de forme, une évidence totalement imprévue s'est imposée à moi : la barbe. A chaque coin de stand, à chaque buvette, l'homme à barbe allait se multipliant. Déjà, le long des rues, dans les cafés, sur les affiches, chez les artistes, les publicistes, les graphistes, j'avais perçu l'émergence de ce mouvement de réaction à la dictature du rasoir: l'homme moderne serait donc un homme poilu. Si on avait oublié cette caractéristique sexuelle secondaire, disparue sous la Cajoline, les Pampers et la crème anti wrinckles for men, voilà qu'elle réapparaissait, foisonnante, nombreuse, presque insolente. Et s'il ne leur restait plus que ça à nos hommes?

Voilà le proto:

 

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Mais qui a lancé la mode? Chabal et son irrésistible sex-appeal ou bien ce grand nigaud poudré de Beigbeder? En toute logique réactionnaire, j'espère que c'est le premier, mais je crains qu'il ne s'agisse du second. Tant pis.

Pendant que des grosses dames en maillot...

 

FIAC - St Phalle.jpg

voyagent incognito...

 

FIAC - Incognito.jpg

il en reste pour dire, I love you...

 

FIAC - in black.jpg
FIAC - I love you.jpg

 

24.10.2009

FIAC au carré

Et hop un saut à la Cour Carrée du Louvre. C'est la FIAC des artistes dits "émergents", si j'ai bien compris. Au Grand Palais, les grands, les beaux, les connus, ce sera pour demain.

Dans la Cour Carrée, pas repéré les noms, mais j'ai beaucoup souri, disons que l'affaire fut réjouissante.

 

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Celle-là, m'a beaucoup amusée. Quand j'ai vu la fille derrière son journal portant le mot "luttes", je ne sais pas pourquoi, j'ai pensé à turluttes... Les idées mal placées? D'un autre côté puisqu'elle se trouve au voisinage d'un "jeune militant", disons que c'est la place de chacun: la femme lutte et l'homme milite... Bref.

 

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Franche rigolade! Sur le graphe on peut voir: en bas les titres des albums des Beach Boys et pour chacun à gauche le nombre de fois où on y retrouve les références à Cars / Surf / Girls / Summer. On remarquera que Surf et Cars sont très fréquemment présents dans les premiers albums, que Summer, en fond sonore tout au long des albums, émerge essentiellement sur le dernier, et que les Girls restent un sujet permanent d'occupation. J'en conclue donc que si le surf et les bagnoles ont intéressé ces jeunes garçons, ils ont fini par ne parler que de la pluie et du beau temps, ce qui les a naturellement menés à la fin de leur carrière.

 

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Là, c'est une fresque au graphite. Un vrai talent cette maîtrise des gris. On y voit un genre de conseil des ministres sans têtes mais chapeauté de cercles blancs en forme de cibles... Dans une hyper réalité, mais au crayon que l'on peut gommer. Tout est interchangeable, tantôt figure, tantôt cible, tantôt personne.

 

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Miam des vitamines ! Pour une nature morte, c'est frais. J'ai pensé à la pub, "5 fruits, 5 légumes". Sur cette acrylique léchée, rien que des bonnes choses, saines et tout et tout. A mettre dans sa cuisine comme un pense-bête. Besoin de rien d'autre.

 

FIAC - Carrelage.jpg

Et puis là, c'est la séquence émotion. De loin, on dirait un carrelage de cuisine. Plutôt moche d'ailleurs. De loin, c'est comme si Mr. Propre avait révélé les parties rouges. A moins que ce soit l'inverse, auquel cas on peut imaginer que la cuisine a été inondée de sang. Un crime passionnel? Mais non, il y a comme la trace du passage d'une serpillière. Donc on approche pour s'apercevoir que chaque petit carreau est en fait une photographie d'un morceau de peau pour le clair et d'un globule pour le rouge. Le cartel donne l'intitulé: Between skin and blood. Et c'est là que mon imagination a repris le dessus pour rendre à la cuisine sa vocation de théâtre des opérations.

 

FIAC - Oeuf au plat.jpg

Beaucoup de culinaire dans cette FIAC des émergents. Ici, cette image terrible de l'oeil tiraillé comme pour une greffe de cornée perd pourtant en intensité dramatique par la seule présence d'un liquide bien plus semblable à l'albumine de l'oeuf qu'à une larme d'opéré. Sur l'iris flotte une couleur jaunâtre... Vous en reprendrez bien une petite tranche? Ok! demain Grand Palais.

 

11.10.2009

Damien à Bordeaux

A Bordeaux, Damien Bestieu expose. J'y serai bien allée.

Toujours ses eaux.

Suis inconditionnelle.

 

Damien Bestieu.jpg

Sans titre 2, huile sur toile, 160x130 cm, 2009

VERNISSAGE le samedi 17 octobre 2009 à partir de 18h
Exposition ouverte du 17 octobre au 31 octobre 2009
de 17h30 à 21h30
au
29, Rue de la Rouselle
33000 BORDEAUX

 

 

09.10.2009

Des gens charmants (1)

images.jpegDepuis que j'ai quitté son logis, ma voisine amie téléphone tous les jours. Elle aurait été ma jeune mère et je suis son Tanguy, sa grande fille. Chez elle, j'ai fait ma crise d'adolescence, je fumais dans ma chambre. J'y suis restée 6 mois...

Sujet de l'appel de ce soir: le Jules. Entre nous, mais entre nous toutes à vrai dire, le Jules est Ze sujet de toutes les attentions, même lorsqu'elles sont négatives. De sa voix lascive, comme l'est le reste de son corps en général, elle me parle de sa lassitude et peut-être, s'il continue à dégueulasser la cuisine comme ça, de la proximité de la fin. Bon bon.

Ces deux-là, ce couple-là, un magnifique sujet d'étude. Il s'agit de deux individus assez semblables par leur forme, par leurs goûts et par leur culture. L'un pourtant, grince un peu lorsqu'il est question de les comparer, car enfin, papa était avocat, pas marchand de bestiaux... (prononcer le O qui traîne du sabot). Ce qu'il reste quand il ne reste (presque) plus rien c'est l'endroit d'où l'on vient. Une sorte de régression en somme.


Ils se connaissent depuis 25 ans, sauf qu'ils ne s'étaient pas vus pendant 23 ans quand ils ont décidé de s'associer. Un regroupement familial ça s'appelle. Il s'occupe de la cuisine, fait les courses, la transporte d'un point à un autre avec sa moto et elle, elle reçoit. Le petit-déjeuner au lit, les soupes chinoises, ses amis. Il lui dit "ma mie", elle l'appelle "mon gentil".

Depuis qu'il s'est installé chez elle, elle a pris 5 kgs. Pour lui, la cuisine légère c'est quand les anneaux de graisse flottent à la surface de la soupe. Comme elle est gourmande, elle avale le breuvage les yeux fermés. Léger est annoncé au menu, elle y croit sans tiquer. Le hic c'est que le pépère est cerné par le fisc depuis 20 ans et que de fait, il n'a ni compte en banque, ni logement, ni bulletin de salaire. Donc, en échange de son indigence, il rend des services, assure l'intendance. Pendant les dîners, il fait des quizz, sans s'apercevoir qu'un spagetti est resté collé sur son menton et qu'une tache de vin se dilate sur sa chemise au sommet de son ventre. Une fois repu il se lève, car déjà ses yeux se ferment. Il passe à la salle de bains, pas pour se brosser les dents non, non, mais pour attraper le petit transistor laissé le matin sur le lavabo. Dans 5 mn il le glissera sous l'oreiller, après avoir pris congé en disant "nous avons passé une soirée forTagréable avec des gens charmants". Dix personnes pourront encore être attablées, il a fini, il s'en va, et invariablement il prononcera cette phrase comme s'il sortait du cinéma après avoir dormi pendant tout le film.


Si elle appelle ce soir, c'est qu'il y a un petit problème. Elle qui ne regarde jamais ses relevés de compte, elle vient de tomber sur la dépense d'un plein d'essence en carte bleue. Etonnement, stupeur, tétanie, elle n'a pas d'auto. L'étrangeté de la femme, c'est qu'elle est toujours alertée "par hasard" de ce qu'il ne faut pas savoir. Ce soir donc, elle finit par m'annoncer que le concubin lui pique sa carte bancaire en douce pour remplir son réservoir. C'est moche.

Immédiatement, branle-bas de combat, on cale les sacs de sable, d'abord, elle pense le virer illico presto, la confiance est rompue. Et au bout d'une heure, voilà qu'elle se met à pleurer sur une si belle histoire, étouffée dans l'oeuf comme une portée de chatons dans les eaux sombres du dégoût.

Là aussi, c'est une étrangeté de la femme. Elle se plaint quotidiennement de petits désagréments de la vie et quand le vrai problème survient, la relation pourtant parsemée de contrariétés devient rétrospectivement une belle histoire d'amour. Du coup, on peut penser que tout dépend du point de vue depuis lequel on se place et donc s'interroger sur les méandres qui conduisent à la Vérité.


Derrière ma frange de Tanguy, je les observais tous les deux et je m'étonnais de le voir glousser en citant Douglas Kennedy dans un de ses romans où il est question de se débarrasser de quelqu'un en le rendant fou, en changeant les serrures, investissant la place comme un Bernard Lermite. Il n'amusait que lui le prédateur... Là, il pleure lui aussi.

Suite au prochain épisode.

 

05.10.2009

Urban White Night

La nuit aurait pu être comme n'importe laquelle dans ce quartier, une foule énorme. Autour des églises, des files d'attente à n'en plus finir et beaucoup de gens patients. A proximité de l'hôtel Dieu vous me direz... Pour entrer à Notre-Dame, il n'y avait guère que les touristes pour respecter la file. Nous les français, on fonçait dans le tas, on grouillait aux abords des barrières. Mais on n'a pas attendu. Mon pote Benoît a détesté évidemment. L'art contemporain pour lui ça n'a pas de sens, c'est toujours insuffisant. N'empêche que même avec un si piètre compagnon, la balade a valu le coup.

En plein coeur de Notre-Dame, un beau symbole phallique. Plus près de toi mon Dieu... Une transcendance, une connexion avec le divin...

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Sur un pont
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Nuit blanche à Paris. Pas si blanche.

 

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Et une spéciale dédicace à Totoche qui nous a beaucoup manqué:

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17.09.2009

Comme pavot et mémoire

Corona


L’automne mange sa feuille dans ma main: nous sommes amis
Des noix que nous cassons nous retirons le temps
Et nous lui apprenons à marcher
Le temps s'en retourne aux coquilles
Au miroir c’est dimanche
En rêve c'est qu'on dort
La bouche parle vrai
Mon oeil s'en va là-haut, au ventre de ma bien-aimée
Nous nous regardons
Nous nous disons des choses sombres
Nous nous aimons comme pavot et mémoire
Nous dormons comme le vin dans les coquillages
Comme la mer dans le rai sanglant de la lune
Nous nous tenons là étreints dans la croisée
Ils nous regardent depuis la rue
Il est temps que l’on sache

Paul Celan

21.08.2009

Momo

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Mon Momo est mort.

Je ne sais pas de quoi.

Je l'ai trouvé là, tout haletant, tout mou.

Et je l'ai gardé dans mes bras.

Je n'y crois pas.

09.08.2009

Cuire à feu doux

 

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24.07.2009

La Poste ou comment détester les fonctionnaires en 10 minutes

Avant, La Poste, c'était le téléphone, l'annuaire, la marchande de timbres. Maintenant La Poste c'est un bureau où on trouve des gens qui vendent des boites aux formats réglementés et surtaxés, des enveloppes avec des timbres imprimés dessus et des besaces en toile made in China censées rappeler le bon vieux temps, quand le facteur connaissait notre nom.

 

J'arrive de mon bureau de poste. Il est rénové depuis peu, les agents accueillent debout et plus derrière un guichet, ça leur fait les pieds.

On s'est trompé sur l'aiguillage de mon colis, il n'est pas à mon bureau habituel. Il n'est pas là. La fille épluche son cahier, tout en s'insinuant dans la conversation d'une jeune collègue et d'une cliente. Elle essaye de faire deux choses à la fois, mais ça se voit, elle n'y arrive pas. Elle a les fesses plates posées sur des jambes campées, comme les flics aux carrefours, et des bras grassouillets et blancs dépassant de manches "ballon". Elle me tourne le dos en tournant les pages, je n'ai que ça à faire, regarder son dos. Au bout d'un moment, je pivote, cherche ailleurs de quoi patienter, quelque chose de plus joli ou de plus divertissant.

 

Finalement, elle comprend qu'il y a erreur sur le bureau, me dit que c'est à F... et je lui demande où ça se trouve. Elle me tend l'avis, me montre l'adresse, je lui dis "j'ai vu, mais c'est où?". Elle me répond, "ben je sais pas où c'est moi la rue d'U.L.M" comme elle aurait dit deltaplane et là, je la regarde d'un air mauvais et lui répond que c'est pas U.L.M, mais Ulm, que c'est le nom d'une ville en Allemagne.

 

J'ai tenté de lui laisser une seconde chance, lui ai proposé de chercher sur un annuaire, un plan, sur internet pourquoi pas. Mais y'a pas. A la poste, y'a pas. 

La jeune collègue a fini par me donner le numéro de téléphone du bureau en question qui, évidemment, avait changé pour un autre, raccourci et surtaxé lui aussi... Alors elle a cherché son chef, parti. A 17 heures. C'est beau d'être chef dans la fonction publique. L'erreur d'aiguillage, elle l'a résumée en disant: "c'est les vacances", et là, avant de sortir sans dire merci, j'ai répondu qu'un argument pareil c'était bien un truc de fonctionnaire.