17.09.2009
Comme pavot et mémoire
Corona
L’automne mange sa feuille dans ma main: nous sommes amis
Des noix que nous cassons nous retirons le temps
Et nous lui apprenons à marcher
Le temps s'en retourne aux coquilles
Au miroir c’est dimanche
En rêve c'est qu'on dort
La bouche parle vrai
Mon oeil s'en va là-haut, au ventre de ma bien-aimée
Nous nous regardons
Nous nous disons des choses sombres
Nous nous aimons comme pavot et mémoire
Nous dormons comme le vin dans les coquillages
Comme la mer dans le rai sanglant de la lune
Nous nous tenons là étreints dans la croisée
Ils nous regardent depuis la rue
Il est temps que l’on sache
Paul Celan
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