30.03.2009
La vie en vase clos
J'ai connu il y a 20 ans ceux avec lesquels je travaille aujourd'hui.
J'ai connu un petit homme bouboule, tardivement délivré de l'étreinte des complexes par une fameuse suceuse qui le laissait exangue sur le parking. Aujourd'hui il est svelte et bisexuel, toujours prêt, tel le scout, à entreprendre une ou plusieurs paires de fesses à la fois.
J'ai connu un discret homme roux, issu d'une famille bretonne emmurée dans le granit. Aujourd'hui, il vit dans le quartier breton de Paris et en page d'accueil de son Iphone roucoulent trois belles bouteilles de Pétrus. Il a pris une belle grelure sur le nez, ses triglycérides sont au plafond et comme sa future fivette aura 20 ans quand il en aura 66, il s'est mis au quinoa.
J'ai connu un beau garçon brun aux yeux craintifs de labrador, enfant prodigue du métier, propulsé très jeune par son talent au sommet de la hiérarchie. Aujourd'hui il a trois enfants splendides, une femme intelligente, belle et cool qui l'attendent en province et, ici, le même amant depuis 15 ans, marié, père de famille, que j'ai connu aussi et à qui je trouvais, pour le coup, un air franchement tartignole.
Entre il y a 20 ans et maintenant il n'y a pas eu que des ronds dans l'eau. Mais quand je les vois ces trois étrangers les uns aux autres qui partagent pourtant le même bocal, je m'émerveille de cette muette cacophonie.
21:59 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28.03.2009
Si on ne choisit pas sa famille, on ne choisit pas la pub non plus
La pub débile qui chapeaute ce blog aléatoirement, dit:
"Qui étaient vos ancètres?"
Mes ancètres? mais je sais... ce sont des MORTS.
13:17 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26.03.2009
Au musée avec Gombrowicz
J'étais à cette époque très mal disposé vis-à-vis de l'art. J'étais nourri de Schopenhauer - et de l'antinomie qu'il établit entre la vie et la contemplation- et aussi de Mann chez qui cette contradiction prend un tour encore plus douloureux. L'art était pour moi le produit de la maladie, de la faiblesse, de la décadence, j'avais envers les artistes une antipathie pour ainsi dire "personnelle", je préférais le monde de l'action et les hommes d'action. Cette phobie devait être d'ordre passionnel. J'avais 25 ans, un âge où l'on ne renonce pas encore à la beauté. Le monde artistique m'attirait par sa liberté et son éclat, mais il me rebutait moralement et physiquement.
.../...
Ce n'est que bien des années plus tard, en Argentine, que cette hostilité à l'égard de la peinture commença à se cristalliser en moi. Ma première déclaration publique à ce sujet, c'est un article paru dans le journal argentin La Nacion, en 1943 je crois, et intitulé "Notre visage et celui de la Joconde" qui faisait directement suite à mes expériences parisiennes.
" Certes, le visage de la Joconde est beau! écrivais-je. Mais quel profit en tirons-nous? Il est beau, mais il rend affreux les visages de ses admirateurs. Sur le tableau: beauté - mais devant le tableau: snobisme, bêtise, effort hébété pour saisir quelque chose de cette beauté puisqu'on vous a informé que beauté il y a".
.../...
L'homme n'est pas fait pour la peinture, mais la peinture pour l'homme. Il faut traiter la peinture de haut, et non pas se prosterner devant les tableaux!
Witold Gombrowicz in Souvenirs de Pologne
10:16 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : littérature, art
19.03.2009
Quand je serai grande, je ferai majorette
Voilà un groupe de filles, une troupe. Elles sont belges, mènent une vie absolument normale, sauf quand elles montent sur scène.
Et là.... elles deviennent Les Vedettes. Un groupe décalé, pas compliqué, nature et... à découvrir.
Pour rire et que la libération de la femme soit autre chose que du pathos !
19:13 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique
11.03.2009
Momo à Paris
Momo le chat, mon gros chat, a mis environ 2 mois pour s'adapter à la vie parisienne et après 6 mois, il n'a toujours pas réussi à faire la paix avec le chat du voisin, celui du dessous. Faut dire que le voisin, je le déteste. Pourtant, il a un chat bien sympa, un chat beige et blanc à l'air bonnasse. Le voisin maintenant que j'y pense à les cheveux beiges et blancs aussi, mais il a un air pas bonnasse du tout.
En semaine, mon voisin se nomme Michel et le samedi soir, il se fait appeler Maïkeul car, le samedi soir, il reçoit. Mon voisin est vieux, moche et libidineux, mais pour qu'on l'aime un peu, il organise des soirées-rencontres entre anglophones et francophones, au prétexte de l'échange linguistique. En réalité, il vend la bouffe et les boissons qu'il sert à des gens qui pensent certainement que tout ça vaut bien un cours particulier à 20 € de l'heure.
Sa porte d'entrée est barrée d'un No Smoking indiquant clairement le rejet des odeurs de tabac.
Donc, dès le premier jour j'ai su que je ne fréquenterais jamais ce fasciste. Mais ce que j'ignorais c'est qu'il accompagne volontiers ses invités fumeurs du samedi soir sur le palier. Le grand panneau No Smoking signifie donc: j'aime pas que ça pue chez moi, mais ça me dérange pas d'empester mes voisins. S'il n'y avait eu la crainte d'ouvrir une zone de communication avec lui, je pense que je l'aurais insulté le soir où je l'ai trouvé là, la clope à la main, parabolant dans la langue de Shakespeare. Qu'il me parle, qu'il me dise simplement bonjour, qu'il tente encore de m'arrêter dans mon ascension avec des "si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas", me donne envie de lui envoyer une baffe.
Résultat, je prépare une contre-attaque à la mode Vichy, pas pour rafraîchir ma bouche, mais pour pourrir la sienne. Car...
A l'étage, contiguë à ma chambre, se trouve une chambrette de 4 mètres par 3 occupée par une japonaise qui parle anglais avec la voix de Jane Birkin, c'est-à-dire dans un souffle incertain, timide et légèrement riant. On s'est présentées l'une à l'autre, elle s'est penchée en avant, j'ai dit welcome et désormais nous connaissons tout l'une de l'autre étant donné l'épaisseur du mur. Il se trouve que cette chambre dépend de l'appartement de mon voisin, dont il est locataire depuis 25 ans pour la modique somme de 500 €, ce qui ramène le prix du m2 à 6 €, tandis que j'en paie 20.
Opération commando: écrire à l'agence, proposer naïvement d'agrandir l'appartement en y rajoutant la chambrette au motif de nuisances sonores, bien sûr au terme du bail de la ravissante fille du soleil levant... Cher lecteur, tu auras compris l'astuce: la fille n'a évidemment pas de bail puisque c'est ce voyou de Michel qui la lui loue et c'est in-ter-dit !
Mon projet consiste, ni plus ni moins, à dénoncer mon voisin: 1) de sous-location, 2) de se faire du blé au black dans ses soirées à touristes, 3) de fumer dans les parties communes au détriment du voisinage.
Évidemment quand j'évoque mon plan, je passe pour une collabo, mais j'en ai rien à foutre. Mon but désormais est que ce type ne m'adresse plus la parole, et surtout que Momo puisse descendre dans la courette sans qu'une guerre éclate avec l'autre chat. Que ne ferais-je pour mon 'ro Momo...
Ahhhhhhhhhhh je l'entends... il est en train de l'attirer chez lui.... Momo !
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09.03.2009
Les ptits oiseaux
Non je n'ai pas abandonné mon cher blog qui ne compte quasi aucun lecteur. Je ne l'ai pas abandonné, je bosse.
Le travail oblige à une dépense énergétique que j'avais sous-estimée. Depuis le mois je décembre j'ai changé de poste et je travaille plus pour gagner moins. L'avantage de travailler plus, c'est qu'on a moins de temps pour dépenser. Donc, et ça n'a sûrement pas échappé aux têtes qui nous gouvernent nous et nos vies, il devient inutile de gagner plus. Du coup, l'amélioration du pouvoir d'achat n'a plus d'intérêt, on épargne sans le vouloir et les banques se renflouent doucement. Ah la bonne aubaine !
N'empêche que le matin les oiseaux chantent, qu'il ne fait plus nuit à 17h et que la terre, avec ou sans crise, ne s'arrêtera pas de tourner.
23:55 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



