25.10.2009
La barbe au Grand Palais
Au Grand Palais aujourd'hui, pour la suite de la FIAC, mieux valait avoir son billet. Une file d'attente comme un dimanche.
A l'intérieur, beaucoup à voir, à entendre aussi, comme "c'est très académique tout ça". D'accord, s'y trouvaient Warhol, Basquiat, Chaissac, Bissière, Soulages, St Phalle, Tinguély, Veilhan, Boltanski, Bourgeois, Manzoni... Des tas de gens célèbrissimes et cotés, vendus par des marchands tous équipés de MacBook, pro ou pas. A 98%, tous tapotaient sur un clavier Apple. Une sorte d'uniforme, de convention en somme.
Au-delà de ce constat de forme, une évidence totalement imprévue s'est imposée à moi : la barbe. A chaque coin de stand, à chaque buvette, l'homme à barbe allait se multipliant. Déjà, le long des rues, dans les cafés, sur les affiches, chez les artistes, les publicistes, les graphistes, j'avais perçu l'émergence de ce mouvement de réaction à la dictature du rasoir: l'homme moderne serait donc un homme poilu. Si on avait oublié cette caractéristique sexuelle secondaire, disparue sous la Cajoline, les Pampers et la crème anti wrinckles for men, voilà qu'elle réapparaissait, foisonnante, nombreuse, presque insolente. Et s'il ne leur restait plus que ça à nos hommes?
Voilà le proto:


Mais qui a lancé la mode? Chabal et son irrésistible sex-appeal ou bien ce grand nigaud poudré de Beigbeder? En toute logique réactionnaire, j'espère que c'est le premier, mais je crains qu'il ne s'agisse du second. Tant pis.
Pendant que des grosses dames en maillot...

voyagent incognito...

il en reste pour dire, I love you...


23:12 | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : art
24.10.2009
FIAC au carré
Et hop un saut à la Cour Carrée du Louvre. C'est la FIAC des artistes dits "émergents", si j'ai bien compris. Au Grand Palais, les grands, les beaux, les connus, ce sera pour demain.
Dans la Cour Carrée, pas repéré les noms, mais j'ai beaucoup souri, disons que l'affaire fut réjouissante.

Celle-là, m'a beaucoup amusée. Quand j'ai vu la fille derrière son journal portant le mot "luttes", je ne sais pas pourquoi, j'ai pensé à turluttes... Les idées mal placées? D'un autre côté puisqu'elle se trouve au voisinage d'un "jeune militant", disons que c'est la place de chacun: la femme lutte et l'homme milite... Bref.

Franche rigolade! Sur le graphe on peut voir: en bas les titres des albums des Beach Boys et pour chacun à gauche le nombre de fois où on y retrouve les références à Cars / Surf / Girls / Summer. On remarquera que Surf et Cars sont très fréquemment présents dans les premiers albums, que Summer, en fond sonore tout au long des albums, émerge essentiellement sur le dernier, et que les Girls restent un sujet permanent d'occupation. J'en conclue donc que si le surf et les bagnoles ont intéressé ces jeunes garçons, ils ont fini par ne parler que de la pluie et du beau temps, ce qui les a naturellement menés à la fin de leur carrière.

Là, c'est une fresque au graphite. Un vrai talent cette maîtrise des gris. On y voit un genre de conseil des ministres sans têtes mais chapeauté de cercles blancs en forme de cibles... Dans une hyper réalité, mais au crayon que l'on peut gommer. Tout est interchangeable, tantôt figure, tantôt cible, tantôt personne.

Miam des vitamines ! Pour une nature morte, c'est frais. J'ai pensé à la pub, "5 fruits, 5 légumes". Sur cette acrylique léchée, rien que des bonnes choses, saines et tout et tout. A mettre dans sa cuisine comme un pense-bête. Besoin de rien d'autre.

Et puis là, c'est la séquence émotion. De loin, on dirait un carrelage de cuisine. Plutôt moche d'ailleurs. De loin, c'est comme si Mr. Propre avait révélé les parties rouges. A moins que ce soit l'inverse, auquel cas on peut imaginer que la cuisine a été inondée de sang. Un crime passionnel? Mais non, il y a comme la trace du passage d'une serpillière. Donc on approche pour s'apercevoir que chaque petit carreau est en fait une photographie d'un morceau de peau pour le clair et d'un globule pour le rouge. Le cartel donne l'intitulé: Between skin and blood. Et c'est là que mon imagination a repris le dessus pour rendre à la cuisine sa vocation de théâtre des opérations.

Beaucoup de culinaire dans cette FIAC des émergents. Ici, cette image terrible de l'oeil tiraillé comme pour une greffe de cornée perd pourtant en intensité dramatique par la seule présence d'un liquide bien plus semblable à l'albumine de l'oeuf qu'à une larme d'opéré. Sur l'iris flotte une couleur jaunâtre... Vous en reprendrez bien une petite tranche? Ok! demain Grand Palais.
23:18 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art
11.10.2009
Damien à Bordeaux
A Bordeaux, Damien Bestieu expose. J'y serai bien allée.
Toujours ses eaux.
Suis inconditionnelle.

Sans titre 2, huile sur toile, 160x130 cm, 2009
de 17h30 à 21h30
29, Rue de la Rouselle
33000 BORDEAUX
11:18 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05.10.2009
Urban White Night
La nuit aurait pu être comme n'importe laquelle dans ce quartier, une foule énorme. Autour des églises, des files d'attente à n'en plus finir et beaucoup de gens patients. A proximité de l'hôtel Dieu vous me direz... Pour entrer à Notre-Dame, il n'y avait guère que les touristes pour respecter la file. Nous les français, on fonçait dans le tas, on grouillait aux abords des barrières. Mais on n'a pas attendu. Mon pote Benoît a détesté évidemment. L'art contemporain pour lui ça n'a pas de sens, c'est toujours insuffisant. N'empêche que même avec un si piètre compagnon, la balade a valu le coup.
En plein coeur de Notre-Dame, un beau symbole phallique. Plus près de toi mon Dieu... Une transcendance, une connexion avec le divin...


Nuit blanche à Paris. Pas si blanche.

Et une spéciale dédicace à Totoche qui nous a beaucoup manqué:

00:30 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09.07.2009
Balnéaires
Martine Pinsolle expose au Musée Historique de Biarritz.
Du 10 juillet au 29 août 2009.
C'est dans l'ancienne église anglicane Saint Andrew's, rue Broquedis, tout près des halles de Biarritz.
Elle a l'oeil juste, Martine.
12:01 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art, peinture
09.06.2009
Fluctuat Nec Mergitur bis
De Bordeaux je reçois cette invitation. Encore un avion !

DAMIEN BESTIEU
du 5 au 25 juin 2009
Horaires: 17h30 - 21h30
29, rue de la rousselle
33000 bordeaux
VERNISSAGE & INAUGURATION DE L'ATELIER
Vendredi 5 juin 2009
à partir de 18 heures
T/ 06 34 14 87 26
M/ damienbestieu@hotmail.com
http://www.damienbestieu.com
20:05 | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : art
05.04.2009
Andy et les Calculs
Au Grand Palais, du 18 mars au 13 juillet 2009, sont présentés 250 portraits de Andy Warhol. C'est une rétrospective tant de son travail que des événements des années 60 à 80.
Andy, désigné comme un artiste, figure de proue du courant Pop Art, laisse perplexe par son absolu cynisme. A l'origine graphiste de publicité, il se revendique "artiste commercial" et finira sa vie comme "artiste d'affaires". Il mourra des suites d'une banale ablation de la vésicule biliaire. Ce sont donc les calculs qui l'ont tué ! Tel il vécu, tel il est mort.
La base de sa technique artistique est la sérigraphie, la répétition d'un modèle de base dans un traitement coloré qui ne correspond à aucune intention, puisque ce ne sont que des couleurs qui lui plaisent. L'objet figuré, produit de consommation courante, se déplace petit à petit vers le mode portrait. Ainsi, il fait de Mao, Marylin Monroe ou Elisabeth Taylor des produits réplicables comme s'il s'agissait de boîtes de conserve. Il traite de la notoriété qui mute l'individu de sujet en objet, en ce qu'il appartient au public et ne s'appartient plus vraiment.
Sans intention autre que mercantile, Andy fascine son public. Ses relations, son mode de vie, ses idées délirantes, font de lui un individu peu ordinaire alors qu'il n'est que malicieux et moqueur. Il utilise ainsi ce que le monde a de plus vain et de plus vaniteux, et sa personne même, devenue produit exposé à l'admiration oiseuse du snobisme mondain, s'efface au bénéfice d'une gloire éphémère.
Andy Warhol ne s'est jamais présenté comme un artiste à l'état pur, investi, transcendé, immergé, mais est parvenu à s'imposer en tant que tel. En cela il fait état de la crédulité d'un public qui accepte sans réflexion ce qu'on lui donne à boire. Au sens de la mystification et de l'imposture, on peut dire qu'Andy est un fabuleux artiste. Aux Galeries Nationales du Grand Palais il est donc question d'indécence.
14:49 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art, expo
01.02.2009
Dans les vaps
Il y avait des gens qui attendaient à 3h du matin, devant l'entrée du Grand Palais. J'avais mon billet, j'ai filé.
Dès qu'on entre dans l'expo, une foule dense d'abord. Même à cette heure-là. Ici, une perche, là une caméra et une lampe, suivant une personne sans doute connue, mais définitivement retardataire, dans ses pérégrinations picassiennes. Dès l'entrée, les autoportraits de Picasso, de Vélasquez, de Rembrandt, des dessins du jeune Pablo, bien plus que des croquis, des oeuvres à part entière et au centre de la salle, des plâtres modèles d'école que l'on retrouve morcelés sur papier. Pourquoi dessiner davantage le creux du genou et l'intérieur du mollet plutôt que leur face externe? Déjà le petit Pablo sait où la peau est la plus tendre, il a une idée de l'érotisme et l'on devine une vitalité insolente.
Evidemment on associe, par la couleur ou par le thème, tel artiste avec lui, on suggère des connivences, des inspirations, même si parfois c'est un peu facile ou au contraire tiré par les cheveux. Il n'en reste pas moins que tout est époustouflant et l'on a, tout au long de la visite, l'impression de participer à un rassemblement unique, exceptionnel... et d'assister de fait, à une grand messe un peu convenue, un peu solennelle. 
Ce qui était unique aussi, c'est l'heure. A 3h du matin dans une nuit de vendredi à samedi, on pouvait croiser des visiteurs en manque de sommeil, navigant auréolés d'odeurs, soit de la menthe du dentifrice, soit de relents de cuisine dite bourgeoise. Ici les rototos retenus, les bouches embarrassées de vins tanniques ou de gin tonic de rubiconds esthètes, les mines fripées soit par la trace de l'oreiller, soit par un cycle circadien perturbé. Du coup, il y avait une sorte de nonchalance, émaillée par moments d'un éclat de rire nerveux de fatigue, par des petits sauts de marsupiaux pour se tenir éveillés, participant aussi d'un état de disponibilité à recevoir, à ouvrir ses sens à la contemplation.
On y trouvait bizarrement beaucoup de jeunes en casquettes et grosse chaine au cou, l'un disant "c'est trop nul ça" tout en jetant un oeil hagard sur cette sublime petite toile de 1902 (Pablo n'a alors que 26 ans) de cette femme noyée dans un verre d'absinthe.
A 5h30 du matin, nous étions à la buvette du musée, complètement dans les vaps, devant une bouteille d'Orangina. Nous étions nombreux là dans ce Buffet de la Gare improvisé, fatigués comme après un grand voyage.
19:42 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : picasso, expo, grand palais
15.01.2009
3h00 du matin le 31 janvier

Enfin décidée à aller voir cette expo quasi inratable "Picasso et les Maîtres" au Grand Palais.
Seulement voilà, le 31 il faudra soit veiller, soit mettre le réveil car les seules possibilités à ce jour restent les nocturnes.
Mais que c'est excitant justement de se rendre au musée la nuit, comme si on s'était laissé enfermer dans un grand magasin. Un rêve de gosse quoi !
18:40 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.12.2008
Eine kleine gelb*
Allez on s'y colle.
Une expo vue à Paris dans le sémillant quartier de la Madeleine, là où frayent les beaux gens. C'était au 1er étage d'un bâtiment hausmannien, un peu comme les salons pour dames qui n'ont pignon sur rue qu'au-dessus des têtes du passant ordinaire. C'était donc à la Fondation d'Entreprise Ricard, le vernissage d'une expo intitulée Phoenix VS Babel.
On y conviait 10 artistes de Berlin: Saâdane Afif, Leonor Antunes, Robert Barta, Mladen Bizumic, Jean-Pascal Flavien, Mathew Hale, Timo Nasseri, Vittorio Santoro, Sophie-Thérèse Trenka-Dalton, Wolf von Kries. Ton oeil avisé, lecteur, aura immédiatement remarqué la variété des noms listés ci-devant, qui prouve si c'était nécessaire que l'Europe est une terre d'accueil et d'échanges.
Que dire? Une dizaine de pièces sont donc présentées. Depuis la "sculpture" composée de caractères arabes en aluminium au polygone creux couvert à l'intérieur d'un sac poubelle noir, en passant par une installation où se cotoient bouteilles de vin et livres ouverts, puis une succession de photos sur lesquelles des collages de ces mêmes photos découpées en morceaux et, pour finir et pour rire juste avant la buvette, une mise en scène d'un porte-manteau (portant justement des manteaux de fourrure) rongé dans sa partie basse et abattu au sol (je te donne la solution lecteur, oui, on aurait dit qu'un gros rongeur -vison? marmotte? hermine?- avait opéré une vendetta), on s'étonne sans émotions, on se demande... On se demande s'il ne s'agirait pas d'une imposture...
Le propos, il en faut bien un pour justifier de cette fumisterie, est de dire que l'émigré conserve avec lui ses origines, sa culture, quoiqu'il arrive. La création artistique est donc enduite de ces fondements. J'avais bien plutôt le sentiment que ces artistes délocalisés avaient perdu le sens de l'orientation, qu'ils s'étaient égarés par absence de repères et se débrouillaient avec des bouts de ficelle pour ne pas demeurer complètement silencieux.
Je n'ai pas bu le Ricard proposé à l'entrée, je déteste ça. Mais au fond de la salle, lorsqu'on a terminé la visite vient comme une récompense un ptit verre de whisky.
Un ptit jaune* (NDLR)
13:59 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art, expo, paris



