09.06.2009

Fluctuat Nec Mergitur bis

De Bordeaux je reçois cette invitation. Encore un avion !

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Une exposition proposée par
DAMIEN BESTIEU
du 5 au 25 juin 2009

Horaires: 17h30 - 21h30

29, rue de la rousselle
33000 bordeaux

VERNISSAGE & INAUGURATION DE L'ATELIER
Vendredi 5 juin 2009
à partir de 18 heures

T/   06 34 14 87 26
M/  damienbestieu@hotmail.com
http://www.damienbestieu.com



08.06.2009

Fluctuat Nec Mergitur

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Le code-barre flotte mais ne coule pas.

Le code-barre non, mais ceux qui le font vivre, si.

 

A force de se croire les meilleurs, on finit par s'endormir.

05.06.2009

Bzzzzt

Mon opinion c'est que Bzzzzt est un gros bzzzzt. D'ailleurs les Bzzzzt en général sont des gros bzzzzt. A la télé, y'en a plein, c'est d'ailleurs pour ça que je ne l'ai plus, la télé. On croit qu'on peut s'exprimer en France, dire ici ou là, sur le net, dans les journaux, à la terrasse des cafés, que Bzzzt est un bzzzt. Mais naaaaaan, pas du tout !chuuut.jpg

Quelque part dans un souterrain ou tout près de Notre-Dame, ou dans une cave de Notre-Dame tiens, des grosses machines qui font bzzzzt aussi, décryptent (arf, pas mal de décrypter dans une crypte!!) les messages des internautes envoyés à tous les vents. De vent, nenni, ce sont des canaux un peu comme les routes que suivent les grands métaniers. Pas de mystère, pas de ah! j'l'ai pas fait exprès, les voies de la communication sont désormais pénétrables et à sec.

Finie la dispersion des mots, finie la blaguounette sortie de nulle part qui fait rire l'assemblée. Dorénavant, il faudra te creuser la tête petit bipède, jouer de la périphrase ou de la parabole. Trop direct et tu te feras désouder.

Mais si tu es un homme politique, tu auras le droit de te demander tout haut et au milieu de tes congénères, élus comme toi, si Christine Boutin a une culotte. Si t'es une landaise au milieu des pins, tu pourras juste penser en silence que ceux pour qui tu renonces à aller à la plage simplement pour glisser un nom dans une urne sont des sacrément gros bzzzzt.

04.06.2009

je proscrastine, tu procrastines, il..

Ouiiiiii je suis làààààa Al !

Regarde ce ciel bleu, ces fleurs qui explosent de partout. C'est beau non?

Momo est privé de sortie car l'idée lui est venue de comparer son pipi à celui du (chat) voisin sur le paillasson de la voisine. Un beau drame. Depuis, imagine la déprime: il est roulé en boule sous la couette, par cette chaleur, un peu comme toi entre tes cures de magnésium, lithium et valium.

Et moi je tousse sans savoir encore s'il s'agit vraiment de la bronchite aiguë comme a dit le docteur ou du cancer de la gorge qui risque de pousser si je continue à fumer. Du coup, pas bien fière, j'ai laissé tomber la clope, si si. Et j'attends la fin (de la bronchite).

Hier on a sonné les morts à Notre Dame, tu sais pour tout ces ptits gens dont on a explosé le caisson à 35 000 pieds. Les choeurs étaient beaux, t'aurais adoré. N'empêche que je trouve ça immoral que la République se rassemble à l'église. Même pour saluer la mémoire de vies qui n'auront jamais leur trou.

Et là, tout de suite, maintenant y'a les revenus à déclarer, j'y vais.

Demain? tu crois?

19.04.2009

Attaque frontale

À gauche de la fenêtre de la dame d'en face, il y a une voix. Elle parvient jusqu'à l'ensemble de la cour par une issue invisible depuis chez moi, ce qui donne à ce que j'entends une aura mystérieuse et terrifiante. Déjà plusieurs nuits, elle s'était frayée jusqu'ici, ça me rappelait Jane Eyre et la folle du donjon.

Par ce beau dimanche que rien ne venait troubler si ce n'est le dong des cloches de Notre-Dame, la voix s'est mise en demeure de crier. De crier, de hurler même. C'était sans doute au téléphone, quelqu'un venait de l'appeler, une fille sûrement. Sa fille peut-être. Et elle hurlait qu'elle s'était "cassé le cul à faire la bouffe", que ce n'était pas la peine de l'appeler à l'avenir, le tout ponctué de "t'es qu'une garce, t'es qu'une saloooooope".

Elle répétait ces mots-là avec tellement d'excès qu'on aurait dit qu'elle jouissait de pouvoir les prononcer. Pour tout dire, c'était d'une violence extrême et j'ai pensé aux fous que j'avais croisés autrefois, ceux dont on disait que c'était la maladie qui les rendait comme ça, une atteinte frontale qui désinhibe, une dégénérescence ou truc du genre. On n'est jamais fou à cause de rien.

Par ce beau dimanche de printemps, j'ai regardé ce mur d'en face en me demandant quelle sale maladie pouvait bien se promener derrière, j'ai pensé à toutes les fractures, les accidents, les chocs, les effractions qui conduisent un jour à ça.

15.04.2009

Pâques au balcon

Est-ce que c'était à cause de Pâques? Est-ce que c'était à cause du bruit? Quand elle s'est pointée au balcon ma voisine d'en face, que je n'avais d'ailleurs jamais vue, c'était pour hurler, les mains en porte-voix que ça suffisait bien les tam-tam là. Elle avait attendu bravement que le son montant de la verrière s'arrête, dans sa petite jupe plissée bleu marine, sous ses cheveux gris au carré et son bandeau de velours bleu marine aussi. Me voyant paraître, subitement alertée, elle était restée saisie, mais le grondement sortant de sa bouche était déjà en train d'atterrir. On a fermé les vasistas, on a ralenti les mélopées.


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Sous la verrière, qu'il fasse ferié ou jour ouvré, se tiennent cours de yoga, danse africaine ou conférence en hindi. On y chante on y danse, on s'y congratule, on glousse. Pour 20 € la séance d'une heure on se rapproche, par quelque pratique que ce soit, de la voie du milieu du sien esprit. Se rapprocher certes, mais sans quitter le V° arrondissement.


De cette cour miraculeuse sur laquelle je jette souvent les parties molles et mortes de mes plantes, monte à nous un grand ÔM toujours alerte, craché par quantité de petits poumons stressés. Au début c'est étrange, même après 7 ans de yoga.

En fait, est-ce le décor, épuré-convenu style Elle Déco? Est-ce le tarif prohibitif et indécent? mais on n'y croit pas. Impossible quand je passe devant l'entrée de ce parc d'attraction de ne pas avoir pour ces peuples en manque de repères une profonde affliction. Ils arrivent comme un seul homme, fixant depuis la porte cochère du XVI° siècle la poignée du hâvre où ils pourront déposer leurs pêts. On le dit peu mais un corps sain ne le devient qu'après flatulences et ptits pêts pêts.


Ce soir, une voix grave de type cortège funèbre post earthquake débite avec un fort accent américain des "inspirs" "expirs" qui fleurent bon le Niouhèïge californien. Les vasistas sont encore ouverts, la dame au bandeau bleu n'est pas réapparue. C'était sans doute à cause de Pâques. Le sacrilège, elle n'a pas pu le supporter.

 

12.04.2009

Vent d'Ouest

nantes.jpgUne semaine de printemps, douceur de l'air, fleurs en forme de choux. Et comme ce sont les vacances scolaires, les voilà qui arrivent les ptits amis.

Donc ma vieille copine et sa fille sont venues passer 3 jours, avec l'idée saugrenue de visiter l'Arc de Triomphe. Bé oui, elles avaient déjà "fait" la Tour Eiffel... J'ai quand même fait remarquer à la petite que l'Arc de Triomphe c'était pas franchement l'éclate pour une gamine de 10 ans, qu'il y avait sûrement mille autres choses beaucoup plus glamour à voir à la capitale. Donc, pendant que je travaillais, elles ont passé 5 heures aux Galeries Lafayette. Le soir, toutes contentes, elles m'ont montré leurs achats: une veste d'été rayée gris et blanc avec un gros noeud sur les reins, un petit sac rond en raphia, avec un autre gros noeud dessus. Tout en suivant le défilé de la petite boulotte, je tombai subitement sur les poches du cardigan camel de sa mère, équipées elles aussi d'un motif "noeud" chocolat. J'étais donc au royaume des noeuds-noeuds.

La petite est rigolote. Comme sa mère, elle porte quantité de colifichets aux poignets dont un est une ficelle de saucisson rayée rouge et blanc qu'elle a rapporté d'un restaurant de l'île de Ré où elle passe chaque année avec ses parents. Elle remplace donc chaque année son bout de ficelle décoloré par les douches par un nouveau, poudré de saumûre et refoulant du goulot. Chez les noeuds-noeuds le doudou est rustique.

Et puis hier, passage de mon ami S., sans doute un des plus jolis garçons que je connaisse, grand, fin, délié et tellement délicat. Un beau sourire, des belles dents et surtout le seul, et malgré tout ces attributs, que je puisse accueillir en pyjama et la tête comme un chiffon. Un vrai ami c'est ça: on peut lui ouvrir la porte avant d'être passé à la douche.

Nantes me manque.

09.04.2009

Rose

Au-dessus du banc. Dans le jardin du curé. Devant le bac à sable.

 

Chiens interdits. Les bébés vous remercient.

 

 

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05.04.2009

Andy et les Calculs

Au Grand Palais, du 18 mars au 13 juillet 2009, sont présentés 250 portraits de Andy Warhol. C'est une rétrospective tant de son travail que des événements des années 60 à 80.


Andy, désigné comme un artiste, figure de proue du courant Pop Art, laisse perplexe par son absolu cynisme. A l'origine graphiste de publicité, il se revendique "artiste commercial" et finira sa vie comme "artiste d'affaires". Il mourra des suites d'une banale ablation de la vésicule biliaire. Ce sont donc les calculs qui l'ont tué ! Tel il vécu, tel il est mort.


Warhol-Red.gifLa base de sa technique artistique est la sérigraphie, la répétition d'un modèle de base dans un traitement coloré qui ne correspond à aucune intention, puisque ce ne sont que des couleurs qui lui plaisent. L'objet figuré, produit de consommation courante, se déplace petit à petit vers le mode portrait. Ainsi, il fait de Mao, Marylin Monroe ou Elisabeth Taylor des produits réplicables comme s'il s'agissait de boîtes de conserve. Il traite de la notoriété qui mute l'individu de sujet en objet, en ce qu'il appartient au public et ne s'appartient plus vraiment.


Sans intention autre que mercantile, Andy fascine son public. Ses relations, son mode de vie, ses idées délirantes, font de lui un individu peu ordinaire alors qu'il n'est que malicieux et moqueur. Il utilise ainsi ce que le monde a de plus vain et de plus vaniteux, et sa personne même, devenue produit exposé à l'admiration oiseuse du snobisme mondain, s'efface au bénéfice d'une gloire éphémère.


Andy Warhol ne s'est jamais présenté comme un artiste à l'état pur, investi, transcendé, immergé, mais est parvenu à s'imposer en tant que tel. En cela il fait état de la crédulité d'un public qui accepte sans réflexion ce qu'on lui donne à boire. Au sens de la mystification et de l'imposture, on peut dire qu'Andy est un fabuleux artiste. Aux Galeries Nationales du Grand Palais il est donc question d'indécence.

30.03.2009

La vie en vase clos

AQUARIUM.jpgJ'ai connu il y a 20 ans ceux avec lesquels je travaille aujourd'hui.

 

J'ai connu un petit homme bouboule, tardivement délivré de l'étreinte des complexes par une fameuse suceuse qui le laissait exangue sur le parking. Aujourd'hui il est svelte et bisexuel, toujours prêt, tel le scout, à entreprendre une ou plusieurs paires de fesses à la fois.

 

J'ai connu un discret homme roux, issu d'une famille bretonne emmurée dans le granit. Aujourd'hui, il vit dans le quartier breton de Paris et en page d'accueil de son Iphone roucoulent trois belles bouteilles de Pétrus. Il a pris une belle grelure sur le nez, ses triglycérides sont au plafond et comme sa future fivette aura 20 ans quand il en aura 66, il s'est mis au quinoa.

 

J'ai connu un beau garçon brun aux yeux craintifs de labrador, enfant prodigue du métier, propulsé très jeune par son talent au sommet de la hiérarchie. Aujourd'hui il a trois enfants splendides, une femme intelligente, belle et cool qui l'attendent en province et, ici, le même amant depuis 15 ans, marié, père de famille, que j'ai connu aussi et à qui je trouvais, pour le coup, un air franchement tartignole.

 

Entre il y a 20 ans et maintenant il n'y a pas eu que des ronds dans l'eau. Mais quand je les vois ces trois étrangers les uns aux autres qui partagent pourtant le même bocal, je m'émerveille de cette muette cacophonie.