28.03.2009

Si on ne choisit pas sa famille, on ne choisit pas la pub non plus

La pub débile qui chapeaute ce blog aléatoirement, dit:

"Qui étaient vos ancètres?"

Mes ancètres? mais je sais... ce sont des MORTS.

26.03.2009

Au musée avec Gombrowicz

J'étais à cette époque très mal disposé vis-à-vis de l'art. J'étais nourri de Schopenhauer - et de l'antinomie qu'il établit entre la vie et la contemplation- et aussi de Mann chez qui cette contradiction prend un tour encore plus douloureux. L'art était pour moi le produit de la maladie, de la faiblesse, de la décadence, j'avais envers les artistes une antipathie pour ainsi dire "personnelle", je préférais le monde de l'action et les hommes d'action. Cette phobie devait être d'ordre passionnel. J'avais 25 ans, un âge où l'on ne renonce pas encore à la beauté. Le monde artistique m'attirait par sa liberté et son éclat, mais il me rebutait moralement et physiquement.lhooq.jpg

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Ce n'est que bien des années plus tard, en Argentine, que cette hostilité à l'égard de la peinture commença à se cristalliser en moi. Ma première déclaration publique à ce sujet, c'est un article paru dans le journal argentin La Nacion, en 1943 je crois, et intitulé "Notre visage et celui de la Joconde" qui faisait directement suite à mes expériences parisiennes.

" Certes, le visage de la Joconde est beau! écrivais-je. Mais quel profit en tirons-nous? Il est beau, mais il rend affreux les visages de ses admirateurs. Sur le tableau: beauté - mais devant le tableau: snobisme, bêtise, effort hébété pour saisir quelque chose de cette beauté puisqu'on vous a informé que beauté il y a".

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L'homme n'est pas fait pour la peinture, mais la peinture pour l'homme. Il faut traiter la peinture de haut, et non pas se prosterner devant les tableaux!


Witold Gombrowicz in Souvenirs de Pologne

19.03.2009

Quand je serai grande, je ferai majorette

Voilà un groupe de filles, une troupe. Elles sont belges, mènent une vie absolument normale, sauf quand elles montent sur scène.

Et là.... elles deviennent Les Vedettes. Un groupe décalé, pas compliqué, nature et... à découvrir.

Pour rire et que la libération de la femme soit autre chose que du pathos !

 

11.03.2009

Momo à Paris

Momo le chat, mon gros chat, a mis environ 2 mois pour s'adapter à la vie parisienne et après 6 mois, il n'a toujours pas réussi à faire la paix avec le chat du voisin, celui du dessous. Faut dire que le voisin, je le déteste. Pourtant, il a un chat bien sympa, un chat beige et blanc à l'air bonnasse. Le voisin maintenant que j'y pense à les cheveux beiges et blancs aussi, mais il a un air pas bonnasse du tout.

En semaine, mon voisin se nomme Michel et le samedi soir, il se fait appeler Maïkeul car, le samedi soir, il reçoit. Mon voisin est vieux, moche et libidineux, mais pour qu'on l'aime un peu, il organise des soirées-rencontres entre anglophones et francophones, au prétexte de l'échange linguistique. En réalité, il vend la bouffe et les boissons qu'il sert à des gens qui pensent certainement que tout ça vaut bien un cours particulier à 20 € de l'heure.

Sa porte d'entrée est barrée d'un No Smoking indiquant clairement le rejet des odeurs de tabac. 13-05-07_1500.jpgDonc, dès le premier jour j'ai su que je ne fréquenterais jamais ce fasciste. Mais ce que j'ignorais c'est qu'il accompagne volontiers ses invités fumeurs du samedi soir sur le palier. Le grand panneau No Smoking signifie donc: j'aime pas que ça pue chez moi, mais ça me dérange pas d'empester mes voisins. S'il n'y avait eu la crainte d'ouvrir une zone de communication avec lui, je pense que je l'aurais insulté le soir où je l'ai trouvé là, la clope à la main, parabolant dans la langue de Shakespeare. Qu'il me parle, qu'il me dise simplement bonjour, qu'il tente encore de m'arrêter dans mon ascension avec des "si vous avez besoin de quoi que ce soit, n'hésitez pas", me donne envie de lui envoyer une baffe.

Résultat, je prépare une contre-attaque à la mode Vichy, pas pour rafraîchir ma bouche, mais pour pourrir la sienne. Car...

A l'étage, contiguë à ma chambre, se trouve une chambrette de 4 mètres par 3 occupée par une japonaise qui parle anglais avec la voix de Jane Birkin, c'est-à-dire dans un souffle incertain, timide et légèrement riant. On s'est présentées l'une à l'autre, elle s'est penchée en avant, j'ai dit welcome et désormais nous connaissons tout l'une de l'autre étant donné l'épaisseur du mur. Il se trouve que cette chambre dépend de l'appartement de mon voisin, dont il est locataire depuis 25 ans pour la modique somme de 500 €, ce qui ramène le prix du m2 à 6 €, tandis que j'en paie 20.

Opération commando: écrire à l'agence, proposer naïvement d'agrandir l'appartement en y rajoutant la chambrette au motif de nuisances sonores, bien sûr au terme du bail de la ravissante fille du soleil levant... Cher lecteur, tu auras compris l'astuce: la fille n'a évidemment pas de bail puisque c'est ce voyou de Michel qui la lui loue et c'est in-ter-dit !

Mon projet consiste, ni plus ni moins, à dénoncer mon voisin: 1) de sous-location, 2) de se faire du blé au black dans ses soirées à touristes, 3) de fumer dans les parties communes au détriment du voisinage.

Évidemment quand j'évoque mon plan, je passe pour une collabo, mais j'en ai rien à foutre. Mon but désormais est que ce type ne m'adresse plus la parole, et surtout que Momo puisse descendre dans la courette sans qu'une guerre éclate avec l'autre chat. Que ne ferais-je pour mon 'ro Momo...

Ahhhhhhhhhhh je l'entends... il est en train de l'attirer chez lui.... Momo !

09.03.2009

Les ptits oiseaux

Non je n'ai pas abandonné mon cher blog qui ne compte quasi aucun lecteur. Je ne l'ai pas abandonné, je bosse.

Le travail oblige à une dépense énergétique que j'avais sous-estimée. Depuis le mois je décembre j'ai changé de poste et je travaille plus pour gagner moins. L'avantage de travailler plus, c'est qu'on a moins de temps pour dépenser. Donc, et ça n'a sûrement pas échappé aux têtes qui nous gouvernent nous et nos vies, il devient inutile de gagner plus. Du coup, l'amélioration du pouvoir d'achat n'a plus d'intérêt, on épargne sans le vouloir et les banques se renflouent doucement. Ah la bonne aubaine !

N'empêche que le matin les oiseaux chantent, qu'il ne fait plus nuit à 17h et que la terre, avec ou sans crise, ne s'arrêtera pas de tourner.

01.02.2009

Dans les vaps

7192_grand_nu_au_fauteuil_rouge_pablo_picasso_5_mai_1929.jpgIl y avait des gens qui attendaient à 3h du matin, devant l'entrée du Grand Palais. J'avais mon billet, j'ai filé.

Dès qu'on entre dans l'expo, une foule dense d'abord. Même à cette heure-là. Ici, une perche, là une caméra et une lampe, suivant une personne sans doute connue, mais définitivement retardataire, dans ses pérégrinations picassiennes. Dès l'entrée, les autoportraits de Picasso, de Vélasquez, de Rembrandt, des dessins du jeune Pablo, bien plus que des croquis, des oeuvres à part entière et au centre de la salle, des plâtres modèles d'école que l'on retrouve morcelés sur papier. Pourquoi dessiner davantage le creux du genou et l'intérieur du mollet plutôt que leur face externe? Déjà le petit Pablo sait où la peau est la plus tendre, il a une idée de l'érotisme et l'on devine une vitalité insolente.

Evidemment on associe, par la couleur ou par le thème, tel artiste avec lui, on suggère des connivences, des inspirations, même si parfois c'est un peu facile ou au contraire tiré par les cheveux. Il n'en reste pas moins que tout est époustouflant et l'on a, tout au long de la visite, l'impression de participer à un rassemblement unique, exceptionnel... et d'assister de fait, à une grand messe un peu convenue, un peu solennelle. Buveuse d'absinthe.jpg

Ce qui était unique aussi, c'est l'heure. A 3h du matin dans une nuit de vendredi à samedi, on pouvait croiser des visiteurs en manque de sommeil, navigant auréolés d'odeurs, soit de la menthe du dentifrice, soit de relents de cuisine dite bourgeoise. Ici les rototos retenus, les bouches embarrassées de vins tanniques ou de gin tonic de rubiconds esthètes, les mines fripées soit par la trace de l'oreiller, soit par un cycle circadien perturbé. Du coup, il y avait une sorte de nonchalance, émaillée par moments d'un éclat de rire nerveux de fatigue, par des petits sauts de marsupiaux pour se tenir éveillés, participant aussi d'un état de disponibilité à recevoir, à ouvrir ses sens à la contemplation.

On y trouvait bizarrement beaucoup de jeunes en casquettes et grosse chaine au cou, l'un disant "c'est trop nul ça" tout en jetant un oeil hagard sur cette sublime petite toile de 1902 (Pablo n'a alors que 26 ans) de cette femme noyée dans un verre d'absinthe.

A 5h30 du matin, nous étions à la buvette du musée, complètement dans les vaps, devant une bouteille d'Orangina. Nous étions nombreux là dans ce Buffet de la Gare improvisé, fatigués comme après un grand voyage.

15.01.2009

3h00 du matin le 31 janvier

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Enfin décidée à aller voir cette expo quasi inratable "Picasso et les Maîtres" au Grand Palais.

Seulement voilà, le 31 il faudra soit veiller, soit mettre le réveil car les seules possibilités à ce jour restent les nocturnes.

Mais que c'est excitant justement de se rendre au musée la nuit, comme si on s'était laissé enfermer dans un grand magasin. Un rêve de gosse quoi !


 

11.01.2009

Art-lette à la plage

Place de l'Odéon les filles, y'a un marchand de bonbons qui vaut le détour. Pas pour ce qu'il vend, je précise. Avec la pollution au dioxyde d'azote qui plane au-dessus de Paris, mieux vaut se passer de consommer des aliments exposés en plein air.

Le marchand de bonbons, je l'ai découvert en sortant du ciné où j'ai vu "Les plages d'Agnès" d'Agnès Varda qui, jusqu'à l'âge de 18 ans, s'appelait Arlette car conçue à Arles... Encore une qui a eu de la chance, j'en connais un qui s'appelle Sydney pour les mêmes raisons... Bref, nous voilà partis sur les traces d'Agnès la boulotte aux cheveux violets. Dans la salle, cette marrade, que des vieux babs qui ne rient, et çavarda4.jpg je crois que c'est une caractéristique, que de ce qui ne me fait pas rire, c'est-à-dire de détails mièvres. Le détail mièvre porte du sens voyez-vous et il est bon de faire savoir qu'on a remarqué cela par un gloussement.

Les plages d'Agnès, c'est un joli film, assez simple et touchant. Elle a cette qualité cette vieille dame aux jambes arquées, de trotter dans sa tête et dans la rue avec une grande liberté. Son film est plein de couleurs et de belles choses, elle nage dans l'art, la musique, le cinéma, la peinture. A part une scène où elle se trouve emmaillotée de blanc après la mort de son Jacquot, tout est couleurs.

Dès le début du film qui est donc une sorte de rétrospective, elle dit que ce qu'elle aime ce sont les autres. On peut se demander comment dans une autobiographie elle va mettre ça en évidence. Et bien, elle y parvient. Sans la voisine, les copines de vacances, point de cinéma. Elle montre sa gratitude là. Et elle donne envie d'aimer les gens, de les regarder mieux, de s'arrêter pour parler. A tout moment, elle garde un beau regard clair, plein de lumière et de malice, et puis elle a l'air fort, elle tient les marées l'Agnès.

 

07.01.2009

Comment faire?

alien-magic-matrix-3d-neo-communication-trinity-screensaver-is-just-a-reminder-that-everething-is-possible-in-this-funny-world.jpgAujourd'hui réunion de service.

C'était la première fois que j'y assistais et ça aura lieu tous les mois. Welcome aux nouveaux promus, suivi du menu des réjouissances: promouvoir la personne, faire émerger du lot les éléments silencieux et dignes, éjecter les trublions, les vieilles carnes qui veulent rien changer à leur mode de travail. On entre direct dans le vif du sujet et ça sent le nettoyage au kärcher. Et tout y passera: descentes à domicile par des mercenaires de la sécu, payés des fortunes comme le sont ces sociétés minables de contentieux, supposées habilitées à remplacer l'huissier; mises à pied; courriers d'avertissement; entretiens préalables aux licenciements, prdhommes. On a prévu les budgets.

Le chef dans son joli manteau en cachemire annonce la couleur: ceux qui ne veulent pas le bien de leur entreprise, les cumulars d'arrêt de travail, les renégats des notes de service, les souris qui dansent... Exit ! Et ce qu'il avait à dire le chef ce matin, c'est que nous serions les commandos exécutifs et, quand j'ai enfin compris ça, je me suis dit que j'allais pas faire long feu dans cette bassine.

Une voix s'est élevée pourtant. On a parlé de ce pauvre gars qui clame comme un suicidaire qu'il sera en arrêt le 31 décembre car on lui a refusé ses vacances demandées il y a 6 mois. Et on sait pourtant que depuis que son genou l'a lâché, lui l'ancien sportif de haut niveau, depuis que sa femme l'a largué, il n'est plus qu'un petit roquet malheureux. Et que s'il braille comme ça, c'est parce qu'il n'a plus que sa voix pour montrer qu'il est là.

Parler d'humanité dans la fosse aux lions, parler de la promotion de l'individu dans un tube à essai, ça creuse encore la tombe de mes désillusions.



01.01.2009

La lutte continue

Pour 2009... Surtout ne lâchez rien.

podcast

 

Noir Désir "Gagnants-Perdants"