25.12.2008

çA c'est fait

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09.12.2008

La nuit je lis

On m'a donné à lire un auteur discret, Jean-Paul Dubois. La nuit, impossible de me détacher de ce "Vous aurez de mes nouvelles" dont chacune des nouvelles 2586-medium.jpg(justement) est un peu comme une lettre écrite à quelqu'un qui se trouve loin. Souvent ce quelqu'un, on dirait que c'est lui-même, qui se trouve d'ailleurs tout aussi loin, dans des profondeurs. L'homme qui voyage dans ce livre, tant physiquement que par l'esprit, est seul, lâché dans un univers de fantasmes, d'excès, de réalités auxquelles parfois il faut faire face.

Souvent il a perdu un être cher, sa femme l'a quitté, son chien est mort. Il donne des nouvelles, mais en réalité il en attend. Il ne fait qu'attendre. Il voyage, s'arrête dans des chambres d'hôtel mornes, boit dans des bars, fume beaucoup, observe le présent, donne aux objets un caractère de grigri par la seule proximité qu'ils ont eue avec l'aimée. Ses voyages, son mouvement sont la barque qui porte ses troubles et tant qu'il vogue il n'est pas totalement perdu. Le mouvement comme réaction à l'isolement. En réalité, il est un bouchon sur l'océan, il se laisse faire, il décide peu, il en est peut-être arrivé à ne plus rien désirer.

Par des mots simples, précis, par des images drôles, des aventures saugrenues, on échappe à la mélancolie qui semble imprégner l'auteur. J'ai beaucoup ri. Toutefois, lorsque je l'aurais terminé ce livre, je me demande bien quel goût me restera dans la bouche.

Dans une interview trouvée sur internet, Jean-Paul Dubois dit qu'on passe sa vie à creuser les idées comme on creuse sa tombe. Si on en déblaye de la terre, on finit tout de même par se trouver devant un trou... Une nouvelle interprétation de la condition humaine.

03.12.2008

Eine kleine gelb*

Allez on s'y colle.

Une expo vue à Paris dans le sémillant quartier de la Madeleine, là où frayent les beaux gens. C'était au 1er étage d'un bâtiment hausmannien, un peu comme les salons pour dames qui n'ont pignon sur rue qu'au-dessus des têtes du passant ordinaire. C'était donc à la Fondation d'Entreprise Ricard, le vernissage d'une expo intitulée Phoenix VS Babel.
On y conviait 10 artistes de Berlin: Saâdane Afif, Leonor Antunes, Robert Barta, Mladen Bizumic, Jean-Pascal Flavien, Mathew Hale, Timo Nasseri, Vittorio Santoro, Sophie-Thérèse Trenka-Dalton, Wolf von Kries. Ton oeil avisé, lecteur, aura immédiatement remarqué la variété des noms listés ci-devant, qui prouve si c'était nécessaire que l'Europe est une terre d'accueil et d'échanges.

Que dire? Une dizaine de pièces sont donc présentées. Depuis la "sculpture" composée de caractères arabes en aluminium au polygone creux couvert à l'intérieur d'un sac poubelle noir, en passant par une installation où se cotoient bouteilles de vin et livres ouverts, puis une succession de photos sur lesquelles des collages de ces mêmes photos découpées en morceaux et, pour finir et pour rire juste avant la buvette, une mise en scène d'un porte-manteau (portant justement des manteaux de fourrure) rongé dans sa partie basse et abattu au sol (je te donne la solution lecteur, oui, on aurait dit qu'un gros rongeur -vison? marmotte? hermine?- avait opéré une vendetta), on s'étonne sans émotions, on se demande...  On se demande s'il ne s'agirait pas d'une imposture...

Le propos, il en faut bien un pour justifier de cette fumisterie, est de dire que l'émigré conserve avec lui ses origines, sa culture, quoiqu'il arrive. La création artistique est donc enduite de ces fondements. J'avais bien plutôt le sentiment que ces artistes délocalisés avaient perdu le sens de l'orientation, qu'ils s'étaient égarés par absence de repères et se débrouillaient avec des bouts de ficelle pour ne pas demeurer complètement silencieux.

Je n'ai pas bu le Ricard proposé à l'entrée, je déteste ça. Mais au fond de la salle, lorsqu'on a terminé la visite vient comme une récompense un ptit verre de whisky.

Un ptit jaune* (NDLR)

29.11.2008

L'économie pour les Nuls


24.11.2008

Aglagla Villéglé

Pour aller à Beaubourg, il fallait le parapluie hier. Des paquets de gouttes, des brises-baleines en rafales. Sur le chemin, un pauvre homme en ciré jaune assis sur une grille de métro, la barbe hirsute dépassant de la capuche. Un moment, j'ai failli m'arrêter, lui donner quelque chose mais quoi? pour qu'il sorte de là, se mette à l'abri.

Au Musée, malgré le villegle.jpgbillet d'entrée pris sur Internet, il fallait faire la queue au vestiaire, car les gens viennent ici avec bagages, gros manteaux et parapluies. Le Musée comme lieu de passage ultime, étape nécessaire pour dire "on a fait".

Hier, j'y étais pour Villéglé. Un vieux monsieur aujourd'hui, connu pour ses arrachages d'affiches, collages, recollages. Balade chronologique le long des murs, le long des rues notées sur les cartels. Pour ceux nés dans les années 60, comme moi, il y avait parfois des oh et des ah j'me souviens de ça... En fait, c'est une sensation presque mélancolique, lorsque les souvenirs d'enfance émergent là comme des spots. Mon camarade de balade, graphiste dans la vie, se pâmait devant les jeux de typographie, car le Villéglé s'en est donné à coeur joie, mélangeant les symboles, comme des manifestes.

Pourtant, au fur et à mesure, le travail de Villéglé si spontané au début, devient confection intentionnelle, détournement opportun de message. S'il s'était laissé aller au hasard ou à la bonne fortune, s'il s'était laissé faire d'une certaine manière, on sent qu'avec le temps, il fabrique, arrange pour que l'ensemble soit plus graphique (alors qu'il l'est davantage dans la première période). Lui qui détournait la publicité en épluchant les épaisseurs d'affiches, qui mettait en évidence à la fois, la vanité des choses et la fuite du temps, finit par opter pour des arrangements de surface qui ne doivent plus rien à l'aléa. Et c'est là que l'idée de départ, géniale on peut le dire, se convertit à ce qu'elle a critiqué. La subversion devient convention, à l'image de l'époque finalement.

22.11.2008

Merci aux 42

Eh oui on peut préférer le plein au vide et vouloir MArtIIIIINnnnne!

20.11.2008

Bon sens, mauvais sens

angoisse.jpgL'angoisse. Sur Wikipédia qui est une sorte d'encyclopédie numérique, il est dit: Le mot angoisse regroupe plusieurs sens et définitions. En psychologie, il désigne un état de mal-être qui se manifeste par une sensation ressentie au niveau du corps. L'angoisse n'est pas un signe psychopathologique en soi. Lorsqu'il est corrélé à d'autres signes, en psychiatrie, l'angoisse devient un symptôme qui est, soit associé à d'autres pour former un syndrome, soit présenté de manière isolée. En psychanalyse, l'angoisse est à la fois un concept métapsychologique dans la première topique puis, retravaillée dans la deuxième, et dès lors vue comme la manifestation clinique signal d'un conflit intrapsychique. En philosophie, le sujet a été traité par plusieurs auteurs et particulièrement l'existentialisme pour lequel elle prend la valeur d'un questionnement sur la condition humaine.

Vala vala.

Les faits: à partir d'un événement réel ou rêvé, (car parfois le rêve/cauchemar est aussi prégnant que le réel) il arrive que nous soyons envahi d'un sentiment de doute, de peur, d'inquiétude qui ne trouve aucune réponse rationnelle rassurante. Subitement ou au terme d'une réflexion déductive, on arrive à des hypothèses nombreuses qui finissent en conclusions multiples, puis à l'ultime: la chose grave est arrivée. Pourtant, à ce moment-là, on se trouve encore dans une situation d'attente de la révélation. L'angoisse est donc une contradiction entre une certitude, en général pessimiste mais totalement imaginaire, et une incertitude (les faits n'ont pas été avérés). J'irai même jusqu'à dire que l'angoisse se nourrit de ce paradoxe.

Face à ce hiatus (j'aime bien ce mot-là!), trois postures: chercher à vérifier la tangibilité de l'émoi ou bien attendre que les événements viennent à soi ou bien encore critiquer les motivations profondes de cette mise en abîmes avec l'espoir secret mais sincère de se débarrasser de cette habitude. Car oui, disons-le, être angoissé (quand ce n'est pas pathologique) est un mode de vie, une position prise dès l'enfance, un truc dans lequel on s'ébroue comme un jeune faon, dont on sait qu'il fait mal, mais que l'usage a rendu supportable. En bref, se débarrasser de l'angoisse c'est comme renoncer à ce ptit paletot rose démodé mais qu'on adore parce qu'il rappelle la première fois qu'on a vu le loup (ou truc du genre).

Imaginons: vous ne recevez plus de nouvelles d'un ami que vous voyiez fréquemment. Du jour au lendemain, c'est comme s'il avait disparu de la surface de la terre. Au départ, vous vous dites bah il est parti prendre l'air, il repassera plus tard. Puis au fur et à mesure, les questions surgissent. Au moment de rechercher des contacts, vous vous apercevez que vous ne connaissez pas son entourage, ou bien que vous avez perdu votre carnet d'adresses. Survient la plainte: wouuaaah il sait que je panique pour un rien. Puis la colère: espèce de naze, il ne pense qu'à sa pomme. Et enfin le 3e élément: l'impondérable, le coup du lapin, le fil de la faux. Et c'est là que s'immisce l'angoisse, s'infiltrant jusqu'à votre cerveau gauche, grignotant les deux derniers sous de jugeotte qu'il vous restait. Tout alors dans le quotidien de la vie devient signe magique, indice d'une mort assurée et pendant qu'elle danse la gigue dans votre tête, vous vous enfoncez lentement dans les eaux sombres de l'enfer. Patatra.

Comment se sortir de ce cloaque? Là il est quesion d'une personne, mais tout autre motif peut provoquer les mêmes effets. Est-ce bien nécessaire? Après réflexion, j'en suis arrivée à la conclusion suivante: (dans l'exemple précédent) ce que je crains c'est la mort de l'autre, donc sa perte. Si je cherche à savoir ce qu'il est advenu de lui, si je mets tout en oeuvre pour connaître le fin mot de l'histoire et y parviens, j'aurais réglé rationnellement cette affaire-là. Néanmoins, ma nature d'angoissée n'attendra qu'une autre occasion pour réapparaître, j'aurais soulagé cette angoisse-là, mais je ne serais pas devenue dés-angoissée pour autant. Si donc la nature de l'angoisse est bien définie (ici la peur de perdre, donc l'attachement), c'est contre elle qu'il faut lutter. Il faut pour ça admettre que l'individu, et même le plus cher de nos amis, a toute liberté d'agir comme il l'entend. Admettre aussi qu'un jour il faudra finir et voir les autres finir. Et quand bien même je serais avertie, cela n'arrêtera rien car, comme dirait un grand sage de mon pays nantais (que je n'ai d'ailleurs pas revu depuis des lunes): la peur n'empêche pas le danger. Il en va de même pour toutes les questions qui nous taraudent, qu'elles soient de petite ou de grande importance.

 

09.11.2008

Va déguerpis !

Soldat sans joie, va déguerpis,

L'amour t'a faussé compagnie

 

 

06.11.2008

Rio de Janvier

J'irais bien faire un tour au Brésil tiens. C'est la saison des grands largages!

 

03.11.2008

A la Bastille

Hier, balade jusqu'à la Bastille pour voir l'expo dite "grand marché d'Art contemporain". Y'avait de quoi faire, mais pas grand chose devant quoi se pâmer. Beaucoup de stands, sous chapiteau ou au clair de lune au bord du canal, la balade est jolie. Si ce n'était le respect du à toute personne qui trouve l'énergie ou l'audace de créer, je me permettrai bien de dire que de l'art j'en ai peu vu.

Un peu comme écrire, ça. Tout le monde écrit, mais des écrivains on en trouve peu. Pourtant les livres abondent. Là, c'était pareil. Une foire d'automne, un marché de l'artisanat parfois... Quelques perles dont on se demande s'il faut rire ou pleurer.

Mais y'avait tout de même de vrais artistes, des novateurs. On dira que le courant est à l'acier avec note post-industrielle. On y peint, on y colle des pixels numériques. Voilà.